Renouveler notre contrat social après la Covid 19, par Katia Babey

Faire de notre cité un lieu d’émancipation, de libertés, de création culturelle et économique ne peut se concevoir sans justice sociale et sans équité.

Le souci d’un bien-être partagé et solidaire a toujours été le moteur principal de mon engagement politique et le restera.

Or, la crise climatique conjuguée à la crise économique induite par la COVID nous oblige à interroger nos manières de penser et de mettre en œuvre une cité prospère et équitable. C’est le contenu même de notre « contrat social » qu’il nous faut interroger.

L’injustice sociale et la destruction de l’environnement sont les faces d’une même pièce. Afin d’assurer la richesse d’une minorité, le néolibéralisme mondialisé a fracturé les corps comme il a fracturé la terre. Tous les problèmes structurels auxquels La Chaux-de-Fonds doit faire face depuis bientôt 50 ans sont les symptômes de cette course mondiale à l’accumulation irraisonnée de richesses mal partagées. Cette accumulation insensée est le résultat de prédations destructrices effectuées contre des communautés lointaines et contre l’environnement.

Mais aujourd’hui, les prédateurs ne sont plus à nos portes ; ils sont dans nos murs : délocalisation industrielle ; financiarisation de l’économie ; numérisation de la société ; e-commerce ; obsession de la concurrence, etc. C’est le tissu même de nos solidarités, de nos emplois et de nos conditions matérielles de subsistance qui est menacé.

Qui sont ces prédateurs ? Certains désignent benoîtement la figure de l’immigré. C’est confondre l’effet et la cause ! Les authentiques prédateurs portent souvent cravate, agissent depuis des gratte-ciel situés dans des métropoles mondialisées, gèrent des portefeuilles, spéculent sur les matières premières, trompent et corrompent les citoyens. Par contre, les exactions de ces prédateurs dans toutes les périphéries de la planète poussent des réfugiés économiques et climatiques, des personnes désespérées à chercher refuge en Europe et en Suisse.

Ces prédateurs brisent tout ce qu’ils touchent, tandis que certains font croire encore aux électeurs que notre « compétitivité » nous permettra de sortir la tête hors de l’eau : ça n’est pas en adoptant les règles du jeu imposées par ceux qui nous asphyxient que l’on respirera mieux… C’est comme demander à un grimpeur cycliste d’affronter un poids lourd sur un ring de boxe !

Une ville comme La Chaux-de-Fonds a-t-elle les moyens de se libérer de ce qui la blesse ?

Oui ! Les solutions sont fondamentalement locales ! C’est en élargissant notre contrat social à notre territoire et à toutes ses potentialités que nous parviendrons à garantir les conditions matérielles, sociales et économiques d’une société prospère et équitable : re-capter les flux financiers qui nous échappent, raccourcir la mobilité des personnes et des marchandises, exploiter durablement la biomasse locale, relocaliser des chaînes de valeur alimentaires, investir dans des infrastructures durables et dans la formation, construire des consensus avec l’ensemble des partenaires, développer des coopérations équilibrées avec d’autres territoires, décentraliser les infrastructures cantonales, faire barrage au e-commerce, magnifier notre centre-ville, végétaliser notre ville, soutenir les activités sportives et culturelles, etc.

La confiance en un avenir durable et solidaire peut renaître, avec notre population, avec notre territoire, avec le PS !