Un service public innovant et de proximité : soutenons les projets citoyens et d’associations de quartier, par Monique Gagnebin

Parmi toutes les tâches – liées à l’économie, à la sécurité, à la santé… – qui incombent aux autorités, il y en a une, en apparence plus modeste, qui me tient particulièrement à cœur : rapprocher la population de ses autorités et de son administration. Cette tâche, dans la période particulièrement difficile que nous vivons, peut sembler secondaire. J’estime au contraire qu’elle est importante ; elle est au cœur du vivre ensemble et doit contribuer à dynamiser la ville, pour en faire une ville où l’on a envie de vivre !

Concrètement, que pouvons-nous faire au niveau politique ? Et comment chacune et chacun d’entre nous pouvons-nous contribuer à ce rapprochement entre les citoyennes et les citoyens et notre administration ? Le service public est, et doit être, un service au public, il est le maillon qui relie chacune et chacun d’entre nous aux autorités et rend possible la réalisation de projets qui concrétiseront mieux encore ce vivre ensemble.

Mais pour qu’ils puissent assurer cette mission et être vraiment au service de la collectivité, il est indispensable que les employé·e·s se sentent reconnu·e·s. La politique qui sera menée durant la prochaine législature doit être poursuivie dans ce sens et garantir de bonnes conditions de travail. Il faut que chaque employé·e de la commune puisse se considérer comme faisant pleinement partie de cette collectivité.

Il est important d’INNOVER et de trouver des moyens afin de faciliter l’accès des citoyennes et citoyens aux divers services de la commune, sans avoir à craindre la complexité de certaines procédures. Le service public doit être accueillant, il doit – dans la mesure du possible bien sûr – soutenir la réalisation des projets citoyens en expliquant les démarches à effectuer, en orientant les personnes qui le demandent dans les méandres, parfois complexes, de l’administration. Dans cette perspective, l’on pourrait par exemple envisager que des tranches horaires soient prévues par l’administration pour orienter les demandes et soutenir les démarches de la population ; bien sûr, dans les conditions actuellement si particulières, les aider à adapter leurs projets aux recommandations Covid 19.

Cependant, il est souhaitable avant tout que des initiatives proviennent de la population elle-même ! Les autorités peuvent, certes proposer des pistes, aider à les réaliser ; mais, c’est l’envie des citoyennes et des citoyens qui doit rester le moteur de l’action, lorsqu’une idée jaillit d’ une personne, d’un groupe de personnes ou d’une association. Cela peut concerner :

  • La gestion citoyenne d’un quartier ou de la ville ; dans cette perspective, nous soutiendrons avec force le développement de nos magnifiques jardins communautaires qui contribuent à créer des liens tout en renforçant un esprit local et écologique.
  • Une proposition d’aménagement urbain – que ce soit pour les enfants, les ados ou… pour les moins jeunes : pistes de pétanques, barbecues, jeux d’échecs, installations sportives, rampes d’accès, etc.
  • Le lancement d’activités culturelles diversifiées ; certaines des initiatives qui ont été prises durant la période difficile que nous traversons méritent à l’évidence d’être développées : animation du Parc des Crêtets, concerts dans des parcs et des cours de collège, spectacles en plein air.
  • La création de lieux d’échanges et de rencontres (par exemple, ce qui se fait dans les Repair café), de cafés citoyens.

Il importe tout particulièrement de soutenir les propositions et activités qui contribuent à renforcer les liens entre les communautés et entre les générations, afin que chacune et chacun puisse trouver sa place dans le tissu si riche – mais trop souvent méconnu – de notre ville.

À cette fin, il importe également de soigner la communication et l’information aux citoyennes et citoyens. Il importe de faire connaître les initiatives en cours ou envisagées, de susciter ainsi la participation et la collaboration de toutes celles et ceux qui se sentent concerné·e·s. Chaque projet devrait par conséquent être rendu visible, à travers un agenda bien tenu et complet, un site internet toujours à jour, des affiches – comme celles, magnifiques, que nous trouvons déjà en divers endroits de la ville – en collaborant plus étroitement avec les journaux et télévisions de notre région. C’est là une mission pour le service de la communication, qu’il s’agira vraisemblablement de renforcer à l’avenir étant donné l’importance de la communication aujourd’hui.

Nous nous demandions que faire et comment le faire ? On le voit, il y a matière à agir, du côté des citoyennes et citoyens d’une part, du côté politique et du service public d’autre part. La situation de la ville, on ne le sait que trop, est difficile. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’avancer et de contribuer, chacune et chacun à notre manière, de façon créative et sans que cela nécessite des moyens considérables : faire de La Chaux-de-Fonds l’endroit où l’on a envie de vivre.

Finalement, ce qui est proposé ici se résume en quelques mots : une gouvernance participative, à l’écoute et au service des citoyennes et des citoyens de notre ville, une gouvernance fondée sur la convivialité et sur la solidarité entre toutes et tous.

Ensemble nous y arriverons et, pour ma part, en tant que bientôt ex-présidente du législatif, je m’y engagerai pleinement, avec conviction et énergie.

Le soutien du commerce local : renforçons la monnaie locale « abeille » et développons la piétonisation du Centre-Ville, par Pierre-Alain Borel

Mais où est donc notre centre-ville ? Cette question, que s’est posée au moins une fois tout Chaux-de-Fonnier, peut sembler sans grand intérêt, d’autant plus que la réponse n’est jamais vraiment la même selon l’interlocuteur. Et pourtant, elle prend tout son sens lorsque l’on souhaite faire découvrir notre ville pour la première fois à un visiteur.

Cet article est suivi d’une vidéo avec Pierre-Alain Borel

En effet, avec des magasins un peu trop distants les uns des autres, des espaces publics qui ne sont pas vraiment reliés entre eux, sans oublier le « fleurissement » de locaux vides ou servant d’entrepôts, notre centre-ville est mal défini et ne donne pas une image suffisamment valorisante pour retenir les chalands, qu’ils soient Chaux-de-Fonniers ou viennent de l’extérieur.

Si l’on souhaite que le centre-ville soit attractif, il doit tout d’abord avoir une véritable existence, pouvoir être clairement identifié et former un ensemble cohérent. Pour arriver à ce résultat, les parcours piétons doivent être facilités, parfaitement sécurisés et inviter à la flânerie. Le développement de zones piétonnes en centre-ville devra aussi être accompagné d’une amélioration qualitative des sols, de l’installation de mobiliers urbains, d’une signalétique appropriée, formant un ensemble lisible pour le visiteur. Et un centre-ville doit être animé, offrir des ambiances, des odeurs, des couleurs ; bref, inviter tout un chacun à s’arrêter un instant… ou plus longuement.

C’est seulement dans ces conditions que le centre pourra devenir un véritable lieu de vie de qualité, de rencontres et d’échanges, dans lequel on aime passer du temps, faire ses courses et emmener ses amis.

Bien sûr, on ne saurait avoir raison tout seul, et si l’on souhaite que des projets puissent se développer et exister dans la durée, il est important d’associer à la démarche les commerçants entrepreneurs.

Si le développement d’un centre-ville faisant la part belle aux piétons constitue indiscutablement une mesure de soutien au commerce local, le renforcement de la monnaie locale « abeille » est une autre des actions très concrètes que nous proposons.

En effet, La Chaux-de-Fonds ne saurait retrouver une situation économique favorable qu’avec des entreprises – grandes et petites – prospères. Parmi ces dernières, les commerces locaux constituent un maillon indispensable puisqu’ils participent à l’attractivité de la ville, génèrent des richesses, créent des emplois, font travailler d’autres petites entreprises – souvent de proximité – et constituent un des éléments moteurs du cercle vertueux que nous souhaitons voir se développer.

Or, notre commerce local rencontre depuis de nombreuses années des difficultés importantes pour se rappeler au bon souvenir des consommateurs. Les grandes surfaces, de plus en plus nombreuses, l’essor du e-commerce et aujourd’hui la crise sanitaire, constituent autant de défis à relever pour les commerçants, mais heureusement aussi d’opportunités nouvelles.

En effet, si la crise de la Covid 19 a encore renforcé le recours aux achats par internet et aura des conséquences négatives pour de nombreux commerçants, elle a aussi permis une véritable prise de conscience par une part importante de la population sur la nécessité de maintenir et de développer les circuits-courts, notamment en termes d’approvisionnement alimentaire et de produits de première nécessité. Si on pense inévitablement aux œufs vendus directement à la ferme, chacun n’a pourtant pas la possibilité ou le temps de se rendre lui-même chez le producteur. Et là les commerçants locaux ont une véritable carte à jouer.

Une monnaie locale, comme notre « abeille » encourage un réseau de producteurs, de commerçants et d’associations qui proposent des biens et des services produits localement. En ancrant véritablement l’économie sur son territoire, les bénéfices enregistrés profitent plus directement à la communauté locale et revêt davantage de sens pour tous les acteurs puisque les résultats sont immédiatement visibles : agrandissement de commerces, embellissement d’espaces extérieurs, animations dans la ville, etc.

En plus d’associer des avantages économiques et écologiques en favorisant les circuits courts, une monnaie locale permet aussi de recréer des liens sociaux, de développer la confiance et de resserrer la collectivité autour de valeurs communes. De part le réseau de commerces ainsi formé et mis en lumière, les clients qui utilisent notre « abeille » ont l’occasion de découvrir d’autres magasins de la ville qui leur offrent des prestations privilégiées.

Autant d’éléments qui nous sont chers et qui permettront à notre ville d’être une ville forte, résiliente, solidaire et fière.